PEUT-ON
COMBATTRE LE CHÔMAGE EN COTE D'IVOIRE ?
Depuis les années 1980 le constat
que nous faisons, est que la Côte d’Ivoire est confrontée à un sérieux
problème, celui du chômage des jeunes.
En effet celui-ci a atteint des
proportions déconcertantes dans un contexte de pauvreté généralisée, de
licenciements massifs, les délocalisations et fermeture d’entreprises. L’ex-Agence
d’Etudes et de Promotion de l’Emploi (ex-AGEPE) a révélé que les jeunes de
moins de 35 ans, qui constituent plus de 64%
de la population, sont frappés d’un taux de chômage estimé à environ 25 %. C’est-à-dire le ¼ des forces
vives du pays.
En termes de branches
d’activités, l’on note que l’agriculture occupe globalement 45,7% des emplois, suivi du commerce de
détail avec 20,6% des emplois, des autres services (7,4%) et des services aux ménages.
Par ailleurs, par rapport à la répartition
d’ensemble, il existe relativement plus d’emplois « agricoles et assimilés » (97,3%) et du « commerce » (94,5%) dans le secteur informel et
relativement plus d’emplois de « services » (9,5%) et de l’ « industrie » (8,1%)
dans le secteur privé formel.
De plus, la détérioration du
climat sociopolitique, mais aussi l’accroissement démographique, l’incapacité
du marché de l’emploi à absorber les vagues successives de diplômés qui sortent
chaque année du système éducatif, la difficulté d’obtention de stages
d’apprentissage ou de perfectionnement, et l’inadéquation de la formation aux
nouvelles exigences de ce marché de l’emploi, sont quelques raisons qui ont
décuplé le taux de chômage des jeunes en Côte d’Ivoire.
Dans les années 1980, les
différents Plans d’Ajustement Structurels (PAS) en Côte d’Ivoire ont eu pour
conséquence une réduction significative de la part de l’Etat dans le jeu
économique du pays. Cela a mis un terme à la situation qui a prévalu à partir
de l'indépendance, avec l’incorporation de toutes les forces vives dans les
structures et entreprises d’Etat. Aujourd’hui c’est le secteur privé qui
dynamise l’économie. Alors que l’Etat n’est plus le premier pourvoyeur
d’emploi, il devient difficile pour le secteur privé de jouer son rôle quand le
contexte macroéconomique ne le permet pas. Les crises politiques et socioéconomiques
qui se sont succédées ont contribué à accroitre le risque ambiant, ce qui n’incite
pas les opérateurs économiques à faire des investissements, et donc à se
projeter dans l’avenir, faute de visibilité. Dans ces conditions, il est devenu
difficile pour les entreprises de recruter.
Par ailleurs, une opération
d’identification tenue du 18 avril 2012 à fin mai 2013, nous a permis de
dénombrer 1 500 étudiants inscrits à
l’Université de Korhogo, 1 864 à l’Université
Daloa, 8 484 à l’Université Nangui Abrogoua
d’Abidjan, 14 562 à
l’Université Alassane Ouattara de Bouaké et 64 081 à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. Soit 90 561 étudiants dans les
universités publiques de Côte d’Ivoire, sans compter les 68 009 nouveaux bacheliers cumulés depuis.
Pourtant le nombre de postes
offerts par les concours de la fonction publique est carrément insignifiant
vis-à-vis de ces différents chiffres soit 8.442
postes à
pourvoir, indiqué par le Directeur Général de la Fonction publique pour l'exercice
budgétaire 2015 -2016, contre 4200
pour l'année 2014-2015. Ce qui donne un taux inférieur 10%, hormis les nouveaux
bacheliers.
Et les autres, que
deviendront-ils à la fin de leurs études ?
Mais alors, que faire? Que faire
lorsqu’après avoir fait des années d’études, un jeune n’a pas pu se faire
embaucher en raison du contexte qui prévaut ? La « débrouillardise » entrepreneuriale,
qui se traduit par diverses activités
génératrices de revenus mal organisées, reste l’option qui s’offre à cette
jeunesse lorsqu’elle rencontre le chômage à la sortie du système éducatif.
Dans un tel système, où
l’Entrepreneuriat est clamé par tous comme la solution au chômage, il est
important de préciser que « l’Entrepreneuriat est un domaine de formation
qui renferme de multiples métiers, tout comme la Médecine ou la Comptabilité.
Il faut donc commencer par créer une dynamique de formation entrepreneuriale
afin de mieux entreprendre.
Cela peut aboutir à de nouvelles organisations
ou peut-être à la revitalisation de certains secteurs des organisations en
réponse à une opportunité perçue.
Une autre problématique liée au
chômage est le mal qu’ont les entreprises à recruter car ils estiment que les
étudiants n’ont pas la compétence requise ni l’expérience qu’il faut, de l’autre
côté ces derniers veulent prendre leur indépendance financière en étant
embauché à la fin de leurs études. Les parents eux ne savent pas vers quelle
école se tourner pour assurer l’avenir de leur progéniture.
Cependant, l’une des solutions
serait de faire faire des stages à la sortie de chaque école. C’est-à-dire que
chaque école doit associer la validation de ses diplômes à des stages d’études lorsque les étudiants sont en classe intermédiaire ou des
stages de fin d’études pour soutenir le
diplôme de fin d’étude. Comme le font déjà les pays émergents car cela
est imposé par le système LMD.
Comme illustration, en France,
des étudiants valident les cours avec d’excellente moyenne, mais leur année est invalidée juste
par ce qu’ils n’ont pas eu de stage d’études.
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| PREMIÈRE VAGUE DE STAGIAIRES |
Face à cette situation,
KAN
Corporate société de gestion d’entreprises et de promotion de l’insertion
professionnelle des Jeunes, œuvre avec
les écoles, pour proposer des stages d’études, des stages de fin d’études en
plus de certifications de compétences via le Certificat YEIMMY. Et ce dans le but de remédier à la
problématique de la première expérience et la compétence des jeunes diplômés. Afin
qu’ils acquièrent plus d’employabilité pour au final impacter le taux de chômage en Côte d’ivoire.
